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5/7 : Urakami
2005


Le 9 août 1945, il fait très beau sur Nagasaki. A 11 h 02, l’explosion de la bombe Fat Man fait 75 000 victimes sur le coup. Trois jours après le lancement de la première bombe atomique américaine sur Hiroshima, le bombardier américain Bock’s Car doit larguer la deuxième bombe atomique sur le Japon. Ce jour-là, la ville ciblée est sous les nuages, le pilote se retranche donc sur la deuxième ville de sa liste.

A Nagasaki, le bombardier américain avait pour mission de détruire la zone industrielle portuaire, où Mitsubishi construisaient des navires de guerre. Mais le pilote se trompe, et largue la bombe atomique 3 kilomètres plus tôt, sur Urakami. Ce quartier, qui regroupaient les minorités sociales de la ville, mais aussi les Chrétiens, les Coréens, et un centre pénitencier, fut entièrement détruit. Depuis, au moins 150 000 personnes sont décédées des suites de leurs blessures ou de maladies liées à la radioactivité.

Les victimes de ces deux bombes sont devenues les Hibakushas, les « survivants ». Leurs souffrances ont été tout autant physiques - en l’absence de traitement adapté - que psychologiques. Au sein de leur propre pays, ils se sont sentis rejetés, isolés. Ils ont connu la discrimination dans leur vie professionnelle et un taux de chômage élevé. Pire, la transmission héréditaire de la « maladie atomique » étant un sujet d’angoisse pour les Japonais, personne ne voulait épouser un homme ou une femme d’Hiroshima ou de Nagasaki. En 2003, il y avait 85 000 Hibakushas au Japon.

© Texte : Guillaume Herbaut, l’Œil Public

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